14 décembre 2013 : Critique de la culture et musiques populaires enregistrées (Journée d’études ANR-DFG CActuS/CELSA-GRIPIC)

Soixante-dix ans après la rédaction des feuillets de Current of music où Adorno fustigeait la standardisation de la musique légère via le médium radiophonique, sa critique retrouve aujourd’hui une actualité – notamment face aux nouveaux modes de diffusion et au morcellement de l’écoute qu’ils induisent ( compression mp3, streaming internet, sonneries de téléphone portable…). En réunissant spécialistes de la Théorie Critique, théoriciens de l’information et de la communication et critiques musicaux, cette journée d’étude sera l’occasion de repenser le statut contemporain des « œuvres » musicales populaires, à l’intersection de l’esthétique, de la critique de la culture et des sciences de l’information.

« Critique de la culture et musiques populaires enregistrées »

Que peut nous apprendre la Théorie Critique sur la culture musicale populaire aujourd’hui ?
Penser les nouveaux modes de production, d’échange, de consommation.

Lieu : Centre Malesherbes, Paris IV Sorbonne, 108, bvd Malesherbes, salle 301, dans le cadre du séminaire du Prof. Gérard Raulet sur la Dialektik der Aufklärung.

Dans la Dialectique de la raison, Adorno et Horkheimer ont émis un diagnostic sans appel sur la culture de masse. Les travaux annexes d’Adorno sur les musiques populaires dans le Caractère fétiche dans la musique et la régression de l’écoute (1938), ainsi que dans les feuillets rassemblés de Current of music (1941) condamnaient spécifiquement la musique populaire légère. Ses modes de production, de diffusion et de consommation, dépendants du nouveau média de masse qu’était la radio la vouaient au caractère de la marchandise. Tout en elle devait concourir à la standardisation des préférences individuelles, comme de l’art musical lui-même.
Soixante ans après le développement de cette critique, une esthétique de ces musiques peut tempérer la critique adornienne, voire la rendre obsolète sur certains aspects. Pourtant, face aux nouveaux modes de consommation et de diffusion de la musique, cette critique radicale retrouve une actualité. En effet, l’usage contemporain des musiques populaires enregistrées se caractérise par de nouvelles conditions psycho-acoustiques pour des individus devenus à même de disposer de musique à n’importe quel moment de leur vie quotidienne, grâce à la portabilité sans précédent des i-pod et assimilés. Les modes de diffusion (streaming internet, sonneries de téléphones portables, omniprésence de la musique dans l’espace public) favorisent plus que jamais la logique décriée par Adorno d’une écoute distraite et morcelée.
Comme la critique adornienne de la culture populaire le réclamait en son temps, il est à nouveau pertinent d’interroger les conséquences de ces transformations des conditions de l’écoute sur notre capacité d’attention exclusive à la musique. En quoi les nouveaux modes de production, d’échange et de consommation de la musique affectent-ils nos exigences esthétiques, voire notre capacité à être émus? Faut-il penser à développer du côté des auditeurs une éthique d’écoute, accompagnée d’une réflexion sur les supports et sur les nouveaux diffuseurs ?
En rassemblant théoriciens critiques, critiques musicaux et théoriciens de la communication et de l’information, cette journée d’étude travaillera à établir la situation actuelle de la culture musicale populaire, d’abord, en restituant avec rigueur les termes de sa critique francfortoise, ensuite, en confrontant ce diagnostic à la réalité contemporaine de cette culture, aujourd’hui transformée et différenciée.

Programme et horaires de la journée

9h00 – 9h15

Présentation du projet de la journée par G. Heuguet et A. Gayraud : entre théorie critique et infocom, approches différenciées et axes de dialogue possibles, définition des musiques populaires.

9h15- 10h10
Sophie Maisonneuve
(MCF Paris Descartes, IIAC)

« De la critique à une pragmatique des usages sociotechniques: le cas de la musique enregistrée. »

10h10-11h05
Prof. Fernand Hörner
(Fachhochschule Düsseldorf)

« Original, reprodution et flexibilité historique de l’aura. »

11h20-12h15
Pierre-Carl Langlais
(CELSA)

« Se déprendre du son ? Les industries musicales sans la propriété intellectuelle ou le déclin d’une stratégie de légitimation symbolique. »

**** Pause déjeuner

14h15 – 15h10
Guillaume Heuguet
(CELSA)

« La musique sur YouTube : variétés de l’impur. »

15h10 – 16h05
Diedrich Diederichsen
(Institut für Kunst- und Kulturwissenschaften Wien)

« One happy childhood at the piano, one life saved by rock’n’roll: Adorno against Jazz and Pop.  »

16h20 – 17h15
Agnès Gayraud
(CActuS)

« Highbrow/lowbrow, actif/passif : à la recherche du bon auditeur pop. »

Synthèse générale de la journée par G. Heuguet et A. Gayraud, suivie d’échanges sur les pistes théoriques ouvertes par les uns et les autres.

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NB : Le centre Malesherbes ferme à 18 heures précises.

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